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TP d'électricité

Ce TP aborde les notions de base de l'électricité : réglage d'un générateur, réalisation un circuit électrique en série ou circuit dérivation (parallèle), mesure de tensions électriques, mesure d'intensité, utilisation des conducteurs ohmiques (résistances) et manipulation d'un oscilloscope et d'un GBF.

Pour les prérequis, visionnez l'animation suivante :
http://www.pccl.fr/physique_chimie_college_lycee/quatrieme/electricite/analogie_hydraulique.htm
Elle vous présente le concept de base de la circulation d'un courant dans un circuit grâce à une différence de potentiel et une analogie hydraulique.

Voici d'autres notions importantes.

Tension et potentiels électriques

La tension électrique est une différence de potentiel, on note $U_\mathrm{AB} = V_A - V_B$, on représente cette tension par une flèche dirigée de B vers A :

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Tension et potentiel électriques

La tension est positive si le potentiel en A est supérieur au potentiel en B. Alors, le courant d'intensité $i$ circulera de A vers B si le circuit est fermé.

Générateur et masse

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Symbole de la masse

Le générateur possède une borne positive et une borne négative, le potentiel de la borne positive est égal à la f.e.m (notée $E$) du générateur ou de la pile : le potentiel de la borne + d'une pile de 4,5 V est $V_+ = 4{,}5\,\mathrm{V}$.
La borne - du générateur est la référence des potentiels électriques, fixée à 0 V : on l'appelle la masse du montage.

Conventions

Lorsque l'on flèche la tension aux bornes d'un générateur, on utilise la convention générateur : la flèche de la tension et de l'intensité du courant sont dans le même sens.

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Convention générateur

Lorsque l'on flèche la tension aux bornes d'un récepteur (lampe, conducteur ohmique, condensateur, ...), on utilise la convention récepteur : la flèche de la tension et de l'intensité du courant sont en sens contraire.

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Convention récepteur

Vocabulaire

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Montage électrique quelconque

Un réseau électrique est formé de nœuds, branches et de mailles. Par exemple, sur le schéma ci-contre :

  • la portion de circuit FA est une branche : on y trouve deux dipôles en série, le générateur $E_1$ et la résistance $R$ ;
  • B est un noeud, c'est-à-dire un point du circuit où se rejoignent au moins trois branches ; le courant va alors se diviser ;
  • une maille est une boucle du circuit que l'on parcourt une et une seule fois : ABEFA ou BCDEB sont des mailles.

Présentation du matériel

Présentation du matériel
Présentation du matériel
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Circuit en série ou en dérivation

Réglage d'un générateur de tension continue

Générateur de tension continue : on utilise les deux bornes horizontales Multimètre uniT Multimètre BK precision : les calibres se règlent grâce au bouton RANGE
Matériel : générateur et multimètres.
On pourra trouver deux types de multimètre, l'un avec les calibres directement visibles,
l'autre avec un bouton RANGE qui permet le réglage du calibre.

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Réglage d'un générateur

Avant de réaliser un montage électrique, on règle le générateur seul. Ici, on utilise un générateur de tension continue de 6 V.

  1. Réaliser le montage ci-contre, c'est-à-dire brancher le voltmètre aux bornes du générateur.
  2. La borne V du voltmètre doit être reliée à la borne + du générateur, la borne COM du voltmètre à la borne - du générateur.
  3. Choisir sur le voltmètre le calibre adéquat.
  4. Allumer le voltmètre, puis le générateur et tourner son potentiomètre de façon à régler sa tension sur 6 V.

Circuit série

Lampe Ampoule
Matériel : lampe et ampoule
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Loi des mailles

  1. Réaliser le circuit série de la figure ci-dessus : les trois dipôles, générateur, lampe 1 et lampe 2 forment une boucle simple.
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    Circuit de deux lampes en série
    Couleur des fils : par convention, le fil relié à la masse sera de couleur noir, les autres fils seront de couleur rouge.

  3. Mesure de la tension aux bornes des trois dipôles :
    un voltmètre se branche en dérivation afin de mesurer la différence de potentiel en volt entre les deux points sur lesquels il est branché. Ainsi la figure 11 montre comment brancher le voltmètre afin de mesurer la différence de potentiel entre les points B et C, c'est à dire la tension aux bornes de la lampe $\mathrm{L}_2$.
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    Mesure de tension dans un circuit en série
  5. Mesurer les tensions aux bornes des trois dipôles. Evaluer l'incertitude sur ces mesures.
  6. La tension est différente aux bornes des ampoules, à votre avis pourquoi ?
  7. Quelle loi peut-on déduire de ces mesures ? Celle-ci s'appelle la loi des mailles.

Intensité dans un circuit série

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Mesure de l'intensité dans un circuit série
  1. Mesure de l'intensité dans le circuit :
    un ampèremètre permet de mesurer l'intensité du courant électrique en ampère. Cet appareil se branche en série dans le montage comme indiqué sur la figure 12.
    Plusieurs calibres sont disponibles pour la mesure de l'intensité, on commence toujours par la mesure sur le calibre 10 A, puis si possible, on prend un calibre plus petit (donc plus précis).
    Attention, une des bornes de branchement de l'ampèremètre dépend du calibre, il existe une borne pour le calibre 10A, une autre pour les calibres en mA.
  2. Mesurer l'intensité du courant dans le circuit série à différents endroits : entre le générateur et $\mathrm{L}_1$, entre $\mathrm{L}_1$ et $\mathrm{L}_2$, entre $\mathrm{L}_2$ et le générateur.
    Evaluer l'incertitude sur chaque mesure.
  3. Quelle loi peut-on tirer de ces mesures ?

Ajout d'une troisième ampoule

On ajoute une troisième ampoule en série avec $\mathrm{L}_1$ et $\mathrm{L}_2$. Les mesures de tensions et d'intensité sont-elles modifiées ? les lois sont-elles toujours valables ?

Réaliser des mesures pour répondre à ces questions.

Circuit dérivation

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Circuit de deux lampes en dérivation $\label{test}$

Mesure de tensions

  1. Réaliser le circuit présenté sur la figure 13. Il faudra utiliser deux fils noirs.
  2. Mesurer la tension aux bornes des trois dipôles et leur incertitude.
  3. Que peut-on en déduire ?

Mesure d'intensité

  1. Mesurer l'intensité du courant et son incertitude dans les trois branches du circuit : celle du générateur, celle de $\mathrm{L_1}$ et celle de $\mathrm{L_2}$. Attention, l'ampèremètre n'est pas forcément évident à placer. Le faire apparaître sur le schéma du montage pour bien visualiser les branchements.
  2. Quelle loi peut-on en tirer ? Celle-ci s'appelle la loi des noeuds.

Ajout d'une troisième ampoule

  1. Refaire le circuit permettant la mesure de l'intensité dans la branche du générateur.
  2. Ajouter alors une troisième lampe en dérivation.
  3. Que devient l'intensité dans la branche principale ? Qu'en conclure par rapport aux dangers de brancher trop d'appareils sur une multi-prises ?

Le conducteur ohmique

La boîte AOIP : présentation

Le conducteur ohmique est appelé par abus de langage résistance. En effet, la résistance est la grandeur physique qui caractérise le conducteur ohmique (mais pas seulement, une bobine possède une certaine résistance du fait de la longueur de fil de cuivre qui la constitue).

Dans ce TP, on manipule des boîtes AOIP qui sont des conducteurs ohmiques réglables.

Comme son nom l'indique, une résistance permet de résister au courant électrique, elle va donc permettre par exemple de minimiser l'intensité dans une branche.
Sa deuxième caractéristique est de dissiper l'énergie qu'elle reçoit sous forme de chaleur : c'est l'effet Joule.

Boite de résistances AOIP
Boite de résistances AOIP
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L'AOIP est une boîte noire munie de 3 bornes, d’un curseur et d’une tourelle avec numéros. Soit $x$ le numéro qu’indique la tourelle.

Etude d’une seule boîte à l’ohmmètre

Entre les bornes A et B, la valeur de la résistance est directement indiqué par la valeur de $x$, sans oublier de la multiplier par le coefficient indiqué sur la tourelle. Ici, on manipule des boîtes $\times 1000 \Omega$.

Manipulation

  1. Brancher le multimètre en mode ohmmètre aux bornes A et B (on utilise les bornes $\Omega$ et COM du multimètre), choisir le bon calibre et vérifier ce qui vient d'être dit.
  2. Que vaut la résistance entre les bornes B et C ? entre les bornes A et C ? Décrire ces résultats.

Associations série et parallèle

On utilise une nouvelle fois le multimètre en ohmmètre. Régler des valeurs différentes (prendre 2 k$\Omega$ et 5 k$\Omega$ par exemple) pour les deux boîtes AOIP.

  1. \(\spadesuit\) Mettre les 2 boîtes AOIP en série et mesurer la résistance aux bornes de l’ensemble. Comparer et conclure par rapport à la valeur théorique : \[R_\text{eq} = R_1+R_2\]
  2. \(\spadesuit\) Mettre les boîtes AOIP en parallèle et mesurer la résistance aux bornes de l’ensemble. Comparer et conclure par rapport à la valeur théorique : \[\dfrac{1}{R_\text{eq}}=\dfrac{1}{R_1}+\dfrac{1}{R_2}\]
  3. Remarque : \(R_\text{eq}\) = résistance équivalente.

Loi d'ohm

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Vérification de la loi d'Ohm

La loi qui lie la tension et l'intensité aux bornes et à travers un conducteur ohmique est la loi d'Ohm. Elle s'écrit : \[ U = R \times i\] Réaliser le montage ci-contre (en deux fois puisque vous ne disposez que d'un multimètre) afin de vérifier cette loi aux incertitudes près (on prendra les différentes données d'incertitudes déjà mentionnées dans ce texte).

Diviseur de tension

Le diviseur de tension, comme son nom l'indique, permet de prélever une partie de la tension du générateur. C'est un montage très utilisé en électricité, découvrons-le.

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Diviseur de tension

Le circuit ci-dessus montre le montage classique, la tension \(U_{R_2}\) est une portion de la tension du générateur \(E\).

A l'aide de mesures, vérifiez, aux incertitudes près, la concordance théorie et expérience.

Oscilloscope et générateurs

Oscilloscope numérique Générateur de tension continue : on utilise les deux bornes horizontales Photo du GBF Utilisation du GBF
Matériel : oscilloscope et générateurs.
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Dans ce paragraphe, nous allons tester votre autonomie : le but est de comprendre le fonctionnement et les réglages d'un oscilloscope en lui branchant deux types de générateur, un générateur continu (celui utilisé précédemment dans ce TP) et un générateur alternatif (le GBF).

Voici quelques informations pour vous guider dans vos tests :

  • Un oscilloscope est un voltmètre qui permet une mesure de la tension en fonction du temps $U=f(t)$. Avant de l'utiliser, comme tout appareil de mesure il faut faire le zéro : on utilise le mode GROUND (GND).
  • Un générateur peut se brancher directement à une voie de l'oscilloscope, les bornes noires sont reliées entre elles, les bornes rouges également.
  • Le générateur basse fréquence (GBF) délivre une tension sinusoïdale, carrée ou triangulaire dont on peut faire varier la fréquence (en hertz) et l'amplitude (en volt).
  • La tension délivrée par le GBF peut avoir une valeur moyenne nulle ou non : dans ce dernier cas on dit qu'elle a une composante continue et une composante alternative.
    Pour ajouter une composante continue, il faut tirer le bouton DC OFFSET du GBF puis le tourner pour régler la valeur de la composante continue voulue.
  • Une voie peut être réglée sur trois modes, appelés "couplage":
    • le mode GND pour faire le zéro ;
    • le mode AC pour visualiser uniquement la composante alternative d'un signal ;
    • le mode DC pour visualiser la totalité d'un signal (composante alternative et composante continue).

Vous pouvez déjà d'ores et déjà vous familiariser avec l'oscilloscope et les générateurs ici :

Animation flash du site du lycée Herriot de Voiron (Cliquez)

Manipulation

Votre mission est d'obtenir successivement sur l'oscilloscope les trois oscillogrammes suivants :

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Réfléchissez ! il ne s'agit pas de toucher à tous les boutons pour faire apparaître magiquement le signal demandé.

★★★

Matériel

  • 1 générateur de tension continue
  • 1 Multimètre portable
  • 3 lampes
  • 2 Boites de résistance AOIP (x1 kΩ)
  • Un oscilloscope numérique Rigol
  • Un GBF Métrix